Coccinelle du riche ou Porsche du pauvre ?

Volkswagen Karmann-Ghia

Son moteur est à l’arrière, il est refroidi par air et elle est allemande, mais la Karmann-Ghia reste dans l’ombre de ses cousines légendaires, Coccinelle et Porsche. Pour Martin Port, elle mérite pourtant une place au soleil.

Nous pourrions être en Californie. Assis dans un superbe cabriolet, capote baissée, radio allumée, regardant les surfeurs glisser sur les vagues de la marée montante du matin. Nous pourrions être en Californie, mais nous ne le sommes pas. Les moutons paissent tranquillement alentour et le petit crachin qui nous rafraîchit nous rappelle que nous sommes en fait au Pays de Galles. Le reste du pays baigne dans une vague de chaleur, mais ce bord de mer semble avoir ignoré les affirmations des prévisions météo.

Alors que nous nous abritons de la pluie, nous en profitons pour observer les courbes de la Karmann-Ghia. La façon dont les ailes arrière enveloppent les passages de roue est élégante sous un angle, bizarre sous un autre mais, dans l’ensemble, il se dégage quelque chose de séduisant de cette Volkswagen moins célèbre que ses sœurs. « Qu’est-ce que c’est que cette voiture ? » nous a demandé un passant local avec un accent prononcé. S’il s’était agit d’une modeste Coccinelle ou même d’une Porsche ancienne (les deux tellement intégrées dans la culture populaire que presque tout les monde les identifie immédiatement), il n’aurait probablement pas bronché.

Ces deux voitures aident toutefois à définir la Karmann-Ghia. Toutes à moteur arrière refroidi par air et produites en Allemagne, elles partagent leur origine et leur configuration technique, mais la Karmann-Ghia ne mérite-t-elle pas une meilleure reconnaissance qu’aujourd’hui ? Souvent oubliée ou considérée comme une intermédiaire entre la « voiture du peuple » et le rêve de Porsche, peut-elle exister par elle-même et représenter une alternative plus abordable à l’icone de Stuttgart ?

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