Incursion dans le monde moderne

Morgan 4 Plus 4

© Classic & Sports Car / Malcolm Griffiths

D’abord mal-aimée, la Morgan Plus 4 Plus est devenue extrêmement désirable, comme le rappelle Richard Heseltine en essayant un exemplaire magnifiquement restauré : un des 26 produits.

Rares sont ceux qui se promènent en public en Barbour matelassé, avec un anneau dans les narines et une barbe longue comme un jour sans pain. Notre nouvel ami sait ce qu’il veut. Il est peut-être le 578e individu à interrompre notre séance de photo et à lever les sourcils en apprenant la marque de l’auto. Mais il est sceptique : « Ce n’est pas possible… Je veux dire, elle ne ressemble vraiment pas à une Morgan. »

Ce n’est pas faux, mais la Plus 4 Plus n’est pas une Morgan ordinaire. Pour commencer, elle a un toit, une structure bois réduite au minimum et, tenez-vous bien, une carrosserie en fibre de verre. Elle est même équipée de vitres descendantes et d’un coffre fermant à clé. N’empêche, ce modèle a été un fiasco lors de son lancement et n’est devenu recherché que récemment ; cet exemplaire a décroché il y a quatre ans une enchère à six chiffres.

Pour comprendre sa place dans l’histoire de la marque, il faut remonter aux années 1960. Une décennie de grande incertitude à Malvern. Aujourd’hui, nous avons tendance à penser que les Morgan sont des vestiges nostalgiques, de vénérables survivantes de l’histoire de l’automobile qui sont restées en production, mais ce n’était pas le cas il y a 50 ans. Le monde avait changé, mais personne à l’usine de Pickersleigh Road ne semblait l’avoir remarqué. Ce qui n’est d’ailleurs pas tout à fait exact. Peter Morgan, directeur de deuxième génération, était conscient de ce que les produits de la marque risquaient de souffrir de la comparaison avec les modèles plus modernes proposées par MG, Austin-Healey et Triumph. Comme il le rappelait dans une interview de 1984 : « Quand j’ai lancé ce projet, je pensais vraiment que le style années 1930 de nos voitures était sur une pente descendante. La demande était très faible en Europe et seul le marché américain, qui a absorbé 87% de notre production en 1962, nous permettait de survivre. »

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