Bolide sous camouflage

Old Yeller II

© Classic & Sports Car / Tony Baker

Sous son allure de machine apocalyptique sortie tout droit de Mad Max, Old Yeller II était une concurrente très sérieuse pour les brillantes italiennes de compétition, comme le rappelle Mick Walsh.

Tout le monde adore les outsiders, surtout quand ils gagnent, et l’Américain Max Balchowsky, spécialiste des hot-rods, a tapé dans le mille avec Old Yeller II. Basé à Hollywood, ce talentueux préparateur avait le sens du spectacle quand il a commencé la compétition. L’amusante série de demi-vérités et de mythes entourant ses machines rudimentaires était entretenue par les supporters qui assistaient aux courses californiennes, à la fin des années 1950 et au début des années 1960, avant l’arrivée des voitures à moteur arrière et des pilotes professionnels.

Balchowsky a fabriqué neuf Old Yeller différentes, mais c’est la deuxième qui a établi sa réputation de tueur de Ferrari/Maserati. Son étrange carrosserie artisanale dissimulait une machine bien conçue combinant toutes les connaissances intuitives de son créateur qui, quand il faisait partie des équipages de bombardiers pendant la deuxième Guerre Mondiale, était connu comme « celui qui peut réparer n’importe quoi ». Depuis les plaques d’immatriculation « Idaho Famous Potatoes » jusqu’à la partie arrière formée de vieux panneaux Coca-Cola et Pepsi, cette « bâtarde » à moteur Buick 6 litres déparait parmi les Ferrari Testa Rossa et Maserati Birdcage de riches pilotes privés. Au contraire des gros transporteurs utilisés par des équipes comme celles de John Edgar et Lance Reventlow, Balchowsky se targuait de se rendre aux courses par la route.

Les antiquités de Balchowsky sont entourées de toutes sortes d’anecdotes. On raconte qu’il utilisait de l’huile de vidange, fouillait les poubelles d’équipes prestigieuses pour récupérer des bougies usagées et, lors d’une crevaison, il aurait été un jour emprunter une roue de secours au parking visiteurs. Après avoir levé un break Buick sur cric et démonté la jante, il aurait simplement laissé un mot : « Retour après les courses ». Histoires fondées ou non, Balchowsky et son épouse Ina étaient extrêmement populaires, tant auprès des autres équipes que des spectateurs. Et les organisateurs profitaient d’Old Yeller pour vendre leur tickets.

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