La plus sophistiquée des Rolls-Royce

Rolls-Royce Phantom III

© Classic & Sports Car / James Mann

L’héritage technique de Henry Royce a été la Phantom III à moteur V12. Ce cabriolet Vanvooren en est un fabuleux témoin.

Pour beaucoup, la Phantom III est la dernière « vraie » Rolls-Royce, le dernier modèle d’avant-guerre directement relié à Frederick Henry Royce, avant que ses cendres rejoignent en avril 1933 l’atelier « Number One », à l’usine de Derby. Ses fidèles finaliseront ce vaisseau amiral, mais c’est le fondateur qui en insuffle l’idée à sa talentueuse équipe quand l’étude de ce nouveau modèle est lancée en 1932.

Première Rolls-Royce profondément moderne, elle est clairement influencée par les pratiques américaines, notamment pour sa configuration V12 et sa suspension avant, basée sur un système General Motors. Pourtant, la Phantom III est alors un véritable tour de force, dont chaque exemplaire perd de l’argent mais qui tient indiscutablement ses promesses auprès de son opulente clientèle.

Une prise en main de ce cabriolet Vanvooren confirme l’extrême raffinement de la Phantom III, et en particulier l’incomparable souplesse de son V12 de 7,3 litres double allumage en aluminium. Il n’y a pas de clé, juste un interrupteur de contact et un bouton. Après un bref bourdonnement, le moteur prend vie et se stabilise immédiatement sur un ralenti à peine audible. Comme le souligne Andrew Wood, de l’atelier de restauration P&A Wood, « Le ralenti est tellement silencieux que les gens croient qu’elle n’a pas démarré. » Rolls-Royce tenait à ce qu’il n’y ait qu’une seule sortie d’échappement pour ne pas doubler la sonorité étouffée. Selon les ingénieurs, les multiples de trois faisaient les moteurs les plus souples, et ce double-six le confirme.

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