Un roadster en technicolor pour un monde nouveau

Jaguar XK 120 aluminium

© Classic & Sports Car / Tony Baker

Jaguar ne souhaitait pas jouer la discrétion pour entrer sur le marché des voitures de sport, au lendemain de la guerre. C’est ce qu’affirme James Elliott en prenant le volant d’une splendide XK 120 à carrosserie aluminium.

Essayez de vous imaginer au Salon de Londres 1948, un carnet de tickets de rationnement de nourriture dans la veste au lieu d’un portefeuille plein de billets de banque et, au milieu d’une flopée de berlines austères et de styles d’avant-guerre, vous tombez nez-à-nez avec la nouvelle Jaguar XK 120. Cette ouverture spectaculaire vers le futur a dû constituer un puissant tonifiant pour les esprits démoralisés d’alors. L’ironie était que cette XK 120 enveloppante, résolument moderne et même radicale, étant en fait profondément inspirée par le passé, par les beautés françaises élégamment profilées des années 1930. Mais l’impact des années précédentes, qui s’étaient acharnées à détruire l’Europe, rendait impossible une telle reconnaissance.

L’XK 120 symbolisait l’espoir que le pire était passé, que le futur était prometteur, le continent sortant des cendres de la guerre. Ajoutez-y les performances époustouflantes d’une voiture qui portait le nom de sa vitesse de pointe (120 mph, 193 km/h), et il n’en suffisait pas plus pour rallumer la flamme des passionnés frustrés des années de privation.

Tout aurait pu être différent, avec une XK 100 dotée d’un quatre-cylindres 2 litres, mais un changement de dernière minute, si tardif que la publicité sur le premier concept existait déjà, transformait ce projet initial plus timide en un succès garanti.

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