La maturité

Jaguar XJ-S V12 5,3 litres 1975 - Jaguar XJS V12 6 litres 1996

© Classic & Sports Car / Tony Baker

Après une journée au volant de deux Jaguar XJ-S de la première et la dernière version, Richard Heseltine tombe sous le charme de ce modèle mal-aimé et encore particulièrement bon marché aujourd’hui.

Nous sommes arrivés sceptiques, mais sommes repartis émerveillés. Sur les petites routes de Cornouailles, le cœur prend le dessus et une longue aversion pour la Jaguar XJ-S disparaît progressivement. La matinée est fraîche et claire, et, avec les reflets or que le soleil fait scintiller sur le capot, tout devient soudain parfaitement logique : ce coupé de 40 ans est une bonne voiture. Peut-être pas la meilleure, mais elle est très largement au-dessus des idées préconçues et des préjugés que vous pouviez avoir. Et lors d’un arrêt, le conducteur de la version plus récente en sort en s’écriant : « Tu devrais conduire celle-ci, elle est géniale. »

Il est probable que certains d’entre vous le savent déjà. Mais la XJ-S a souffert de la comparaison avec sa devancière, l’immortelle Type E. Elle a donc toujours subi ce handicap, même si elle était considérée comme une GT avaleuse de km plutôt que comme une sportive pure et dure. De plus, n’oubliez pas la ligne, dénigrée à l’époque par des critiques d’amateurs, mais aussi de professionnels. Ajoutez-y une qualité de fabrication laissant à désirer, une fiabilité médiocre et un appétit féroce, et il n’est guère étonnant que le modèle soit tombé au fond du purgatoire des collectionneurs.

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