Une Aston pour la Côte d’Azur

Aston Martin Short Chassis Volante

© Classic & Sports Car / Tony Baker

Les gènes de la compétition transparaissent dans cette rarissime Aston Martin Volante. Pourtant, au volant, on rêve de Côte d’Azur plutôt que de course automobile, comme le constate Richard Heseltine.

Le soleil nous a rapidement abandonnés. Assaillie par une brise fraîche, la journée qui avait commencé dans la chaleur se transforme alors que la brume se lève : la beauté de l’arrière-plan est en train de tourner au décor sinistre. Pourtant, une étrange légèreté vous envahit lorsque vous vous installez au volant. Une sorte de coup de foudre au premier son. L’Aston Martin Short Chassis Volante est tout sauf silencieuse, avec un six-cylindres quatre litres pure race perçant le brouillart de son enivrante sonorité.

Alors que la ligne est tout à fait familière, c’est l’aspect « châssis court » qui est particulièrement intéressant. Cette sous-espèce de l’époque David Brown — un amalgame de DB5 et DB6 — n’a été fabriquée que pendant douze mois, avec une production ne menaçant jamais d’atteindre un nombre à trois chiffres. Cet exemplaire est encore plus rare, étant la toute dernière version d’un modèle que peu de gens connaissent, en-dehors des amateurs de la marque ; et l’un des plus recherchés de tous les produits de Newport Pagnell de cette époque, hormis les machines de compétition. Selon les spécialistes, c’est la plus désirable de toutes les Aston Martin de route. Et ils ont sans doute raison.

A l’époque, le constructeur était à a croisée des chemins. En 1959, il avait remporté les 24 Heures du Mans ainsi que le Championnat du monde des constructeurs, avant de se retirer. L’année suivante, il mettait un terme à son programme de Grand Prix peu satisfaisant. Pourtant, les racines de la marque puisant dans la compétition, le badge ailé était alors représenté sur les circuits par les DB4 GT soutenues par le constructeur et la glorieuse version produite par Zagato, avant que l’usine ne revienne à sa propre série de « Project cars ». Mais rechercher la gloire en compétition contre l’élite européenne était un coûteux exercice, la production de voitures de route ne dégageant pas toujours les résultats permettant de le financer. Comme souvent dans son existence faite de hauts et de bas, Aston Martin avait pourtant les bons produits pour l’époque, mais pas toujours la capacité de les exploiter correctement.

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