Les héritières de la R5 Turbo

Renault Clio V6 Phase 1 et 2

© Classic & Sports Car / Tony Baker

Une nouvelle race de classiques modernes a fait son apparition, et la Clio V6 est en tête du peloton.

Pour nous qui sommes habitués aux voitures anciennes et classiques, les modernes sont souvent source de désillusions. A cause de contraintes de sécurité ou de recherche aérodynamique, le style automobile est devenu fade et homogène. La Ford Sierra a donné le ton en 1982, sorte de gâteau de gélatine et signe avant-coureur d’une série de modèles tellement « consensuels » (donc dénués de personnalité) que vous pourriez vous endormir rien qu’en y pensant.

Parmi toutes ces bétaillères destinées à transporter les enfants à l’école et à se rendre au supermarché, Renault a essayé de se démarquer avec des modèles audacieux, voire totalement inutiles et dont l’usage se limitait parfois à la participation à des séries monotypes comme le Spider, roadster radical à carrosserie composite. De cette tendance est née également la Clio V6, réinterprétation moderne de l’incroyable Renault 5 Turbo.

Parmi tous les modèles précédents, la 5 Turbo n’était certainement pas un mauvais choix pour inspirer la plus sportive des Clio. Elle a en effet inauguré le turbocompresseur dans le monde des petites berlines sportives, tout en déplaçant le moteur au centre de la voiture et en envoyant la puissance aux roues arrière. Ce faisant, elle a créé une légende. Tout en s’attaquant au rallye en Groupe 4 (formule éclectique où se côtoyaient Ferrari 308 et Maserati Merak), la petite bombe dessinée par Gandini est allée se mesurer à un mythe comme la Lancia Stratos, remportant le Rallye de Monte-Carlo 1981 et le Tour de Corse 1982 avec Jean Ragnotti. Et elle a fait ses premières armes l’année suivante au grand écran dans Jamais plus jamais, entre les mains de Barbara Carrera aux côté de James Bond.

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