Une fusée pour le cosmos…

Lamborghini Diablo SE30

© Classic & Sports Car / Tony Baker

La Lamborghini SE30 a inspiré Jamiroquai pour sa chanson Cosmic Girl. Nous avons pris le volant de cet étonnant bolide, pour mieux comprendre ce qui a pu séduire le chanteur.

Même sans l’imposant aileron arrière en option de sa dernière version à gros pneus Pirelli P7, la Lamborghini Countach porte une ombre marquée sur sa remplaçante. Prise en sandwich entre la machine signée Gandini et la Murciélago, premier modèle complètement nouveau produit sous le régime Audi, la Diablo était chargée de moderniser l’image du constructeur italien au cours d’une de ses périodes les plus troublées. Ces turbulences ne venaient pas seulement de l’intérieur de l’entreprise et des changements de propriétaires (des frères Mimran à Chrysler puis à l’entreprise indonésienne MegaTech), mais aussi de ce que le marché des supercars, que Lamborghini avait contribué à définir, était en train de se transformer complètement. La Diablo avait fait les grands titres lors de sa présentation en 1990, avec ses 320 km/h en pointe. Mais en 1993 le constructeur, ancien enfant terrible de l’automobile, atteignait l’âge de 30 ans et se heurtait à un monde en pleine mutation.

D’abord, une toute nouvelle race de voitures apparaissait qui, au-delà des supercars, portaient en germe les hypercars actuelles avec leurs 1 000 ch et leurs prix à deux millions d’euros. Les Jaguar XJ220 et Bugatti EB110 avaient monté la barre très haut, raflant la première place aux Porsche 959 et Ferrari F40 de la décennie précédente, et la McLaren F1 était sur le point de se lancer sur orbite. Mais si la Lamborghini ne pouvait espérer s’approcher de la F1, elle n’était pourtant pas prête à rendre les armes. D’autant moins qu’il fallait célébrer les 30 ans de la marque.

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