Aston Martin DB2/4 Vignale

Conçue pour un roi

© Classic & Sports Car / Will Williams

Commandée neuve par un monarque belge, la seule Aston Martin DB2/4 jamais carrossée par Vignale est de retour sous les projecteurs, après avoir frôlé la tombe de l’oubli.

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Le sort malheureux que connaissent souvent les prototypes d’exposition ou modèles spéciaux est parfaitement incarné par l’histoire de cette Aston Martin DB2/4, châssis LML/802, carrossée par Vignale.

Carrossée spécialement au début des années 50 à la demande du roi Baudouin de Belgique alors âgé de 25 ans (sans doute pour un prix faramineux), elle a été réduite 10 ans plus tard à l’état de caprice oublié. Mais même quand elle symbolisait tout le chic de Turin, elle était déjà le fruit d’une autre époque : une voiture de show rapidement dépassée — trop d’ornements, trop de maquillage — par la pureté des lignes des années 60.

Alors que les formes pures des voitures italiennes du début des années 50 évoluaient pour répondre à la fascination du public pour l’ère des fusées, cette Aston Vignale montre que le style automobile avait pris une direction outrancière. Ce n’était évidemment qu’une phase, mais dans laquelle Alfredo Vignale (et son styliste maison Giovanni Michelotti) s’est engouffré plus volontiers que d’autres, ce qui explique peut-être qu’au début des années 60 Ferrari se soit éloigné de lui au profit de Pinn Farina. 

Quoi qu’il en soit, c’était encore une époque où les représentants les plus en vue des couronnes européennes étaient très attirés par les ateliers de carrosserie turinois ; ainsi, le roi Léopold III de Belgique, avec son épouse la princesse Lilian, a commandé cinq Ferrari spéciales entre 1953 et 1968. Lilian était la belle-mère de Baudouin : la princesse Astrid de Suède, sa mère biologique, avait succombé en 1935 à l’accident du cabriolet Packard précipité par le roi contre un arbre, sur les rives du lac de Lucerne.

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