Hors-série « Sportives accessibles » :
Simca 1200S

Taillée pour le sport

© Classic & Sports Car / Tony Baker

En version 1200 S, le ravissant coupé Simca 1000 dessiné par Bertone avait le punch correspondant à son allure, comme le souligne David Evans.

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Les rues de Londres n’ont jamais été très fournies en Simca, et en voir passer une de nos jours tient de l’exception. Les réactions que provoque notre ravissant coupé 1200 S sont là pour le rappeler : « C’est une Fiat ? » demande quelqu’un. « Non, une Simca. » Et notre homme répond : « Pas très différent, en fait. » Ce qui n’est pas si faux.

Henri-Théodore Pigozzi, qui a créé la Société Industrielle de Mécanique et Carrosserie Automobile, a commencé en 1935 par produire des Fiat sous licence, à Nanterre. Ce n’est qu’en 1951 que Simca a mis au point un modèle de son crû, l’Aronde. Six ans plus tard, l’entreprise de Pigozzi dévoile la Simca 1000 à moteur arrière, voiture qui va rencontrer un grand succès. Comme il l’a fait avec la NSU Prinz, Bertone transforme magistralement la petite voiture anguleuse en élégant coupé, lancé en 1962. « La plus séduisante du monde, » précise le magazine Car à propos de la ligne dessinée par le jeune Giorgetto Giugiaro. Pour une fois, le constructeur prend le pas sur Fiat, qui met trois ans à répondre avec le coupé 850 Sport, dessiné en interne. D’une moins grande finesse, il commence à accuser son âge à la fin des années 1960, alors que la Simca évolue en 1200 S cinq ans après son lancement.

Où prendre la mesure des nuances de cette forme, mieux que dans une petite rue du quartier de Westminster ? Alors que les seuls bruits qui nous parviennent sont les notes d’un pianiste au travail, le rassurant carillon de Big Ben et les sons étouffés de préparation de repas, il est difficile d’imaginer que nous sommes à deux pas des sphères du pouvoir et des Maisons du Parlement. Ici, les choses n’ont guère changé depuis des décennies, à part les scandales de Poulson & Gannex [John Poulson était un architecte accusé de corruption et Gannex une fabrique d’imperméables dont le créateur Joseph Kagan a été condamné pour falsification de comptabilité] ou de milliardaires russes menant une vie de débauche. 

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