Au début de l’injection

Aston Martin DBS et DBS V8

© Classic & Sports Car / Tony Baker

Il ne s’agit pas seulement de comparer les DBS six et huit-cylindres, mais aussi de sortir de l’ombre ces Aston oubliées et de s’intéresser à leur système d’alimentation par injection.

Dans l’histoire d’Aston Martin après-guerre, rares sont les modèles qui n’ont pas été décrits jusqu’à l’obsession, mais les versions six-cylindres à injection AE Brico, de 1969 à 1971, semblent au contraire oubliées. Proposé sans coût supplémentaire sur la DB6 MkII à partir de fin 1969 en alternative aux trois Weber ou SU, ce système d’alimentation a eu rapidement une réputation controversée. Il semble d’ailleurs que la plupart des 46 voitures qui en étaient équipées à l’origine ont été reconverties aux carburateurs pour apaiser les propriétaires en proie à des problèmes de pompe à essence, transistors et solénoïdes ; mauvaise affaire pour Aston, à une époque où ces voitures étaient utilisées quotidiennement par des industriels sportifs ou des amateurs de machines exotiques.

Ce que l’on sait moins, c’est que 15 Aston Martin DBS six-cylindres ont reçu une injection Brico. Parmi elles, la version 1970 automatique de Martin Duckworth, châssis n°DBS6FI /5592, est sans doute la seule qui fonctionne encore avec ses pièces d’origine. Les seuls indices extérieurs sont les badges « F1 » sur les ailes avant. Elle lui a appartenu deux fois : d’abord en 1976, achetée non tournante, puis à nouveau en 1990 quand il l’a redécouverte lors d’une vente aux enchères, en mauvais état. Aujourd’hui, il reprend le volant pour la première fois depuis 20 ans : « Elle n’avait que six ans la première fois que je l’ai achetée, et j’ai insisté pour qu’un manuel d’atelier me soit fourni. Avec un peu de réflexion j’ai réussi à la faire démarrer au Start-Pilote et j’ai compris que je n’avais besoin que d’un capteur de température à 6 £. »

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